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Le droit de l'Océan Indien
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Variations

RJOI Numéro 19 , Page : 186
Isabelle Boisméry, Maeva Gasiorowski, Thomas Grondin et Romain Payre

La justice n’est pas si vile

Texte intégral

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1Monsieur le Président, Madame et messieurs membres du jury, notre belle Justice accusée aujourd’hui d’être si vile, par la campagne tamponnaise menée à son égard, nous envahi de désespoir.

2On nous tint à peu près ce langage que l’idéal de Justice ne serait qu’utopique. Ne serait-elle devenue qu’un simple espoir moral tributaire des volontés individuelles ?

3NON ! NON ! Nous nous refusons à une vision si pessimiste.

4Et comme le disait si bien, notre estimé Jean-Pierre Raffarin, en reprenant un célèbre refrain : adoptons la positive attitude ! Obiter dictum quand tu nous tiens ! Mais je m’écarte du débat, pardonnez-moi.

5Thémis, déesse de la Justice où ton nom réside à jamais ancré dans la vénérable édition d’ouvrages juridiques, incroyable divinité, votre cas nous intéresse et nous te défendrons corps et âme. Mère du droit. Qu’est-ce que la Justice si elle n’est pas l’esprit des lois.

6Laissez-moi vous conter quand le rêve devint alors réalité.

7Il est un idéal réel de Justice, que la Justice c’est l’idéal.

8Considérer la Justice comme vile, c’est la mépriser, la juger indigne. Mais indigne au nom de quoi puisqu’elle est une qualité morale. Au nom de qui puisqu’elle est une vertu de l’homme par essence ? Une pensée m’emplit d’effroi... L’accusation se porterait-elle sur le génome humain tout entier ? Vous, moi, nous, eux ? Comment réagirait-on de l’autre côté de la barre si promptement nous leur posions l’irréparable question et vous êtes-vous vils, hein ?!

9Parce que les mots ont un sens, redonnons un sens aux mots. Si la justice est une vertu comment concevoir que son antonyme s’inscrive en elle ? Si la Justice est un idéal comment accepter que vileté puisse s’y raccrocher ?

10Refuser l’idéal c’est ne plus croire en rien. Douter de la vertu c’est perdre foi en les siens.

11Au risque de vous décevoir chers contradicteurs à la longue les histoires, ça lasse et la réalité ne se trouve pas dans la télé. Parce qu’elle est faite au contraire d’exemples concrets. Permettez-moi de vous interpeler. Connaissez-vous Sardanapadal, ce cruel roi d’Assyrie symbolisant la débauche et la corruption ? Négative est la réponse, je m’en doutais. À l’inverse, Emmanuelle, elle tout le monde la connaît. Oh ! Mais attention, prenez garde aux confusions, je vous parle bien de Sœur Emmanuelle, et non de celle qui livrait ses mains, jeu de vilain, à rendre certes elle aussi le bien.

12Alors pour conclure, M. Le Président, Madame, messieurs membres du jury ce n’est pas la Justice qui est vile. C’est de l’avoir méprisé, qui l’est.

13Si notre Justice est si vile pourquoi s’entêter depuis 2000 ans à la défendre ? Est-ce que ce monde est sérieux ?

14Alors j’ose vous poser la question rhétorique, peut-on encore traiter de vile la Justice ?

15Mais si la question en est venue un jour à se poser dans un esprit quelque peu... réputé, elle mérite alors tout notre intérêt.

16Qu’est-ce qui pourrait amener à penser que la Justice est ainsi méprisable ? J’ai pour moi la Justice et je perds mon procès ? disait Molière. Les Institutions seraient-elles alors mal constituées ?

17L’on ne s’est jamais brûlé à la chaleur humaine, peuple, serais-tu sous l’influence de quelconque opiacé ?

18Nulle crainte, mes confrères vous fourniront ce qu’il en est.

19Avant de vous laisser, car je dois m’en aller, s’il est peut être vrai, mais si rarement, qu’une femme à des pensées pour un homme jusqu’a ce qu’il ait dépensé pour elle, Thémis ô noble Thémis n’est pas comme cela !

20Pour fonctionner, toute société a besoin de bases solides et la justice est l’un de ces fondements. La justice est à la fois le cadre et l’ornement. En effet, elle magnifie la société dans son entier, elle est l’expression même de la raison de l’Homme, qui conscient d’être un loup pour lui-même, a accepté ce cadre.

21Concrètement, c’est en la splendide personne du juge que la justice se matérialise. Et justement ! Ce juge ne peut être vil, car l’homme qui deviendra juge est formé pendant des années, de façon presque monastique, il cherche à faire honneur à cette Justice si vierge et sa moralité est vivement contrôlée.

22Et une chose est certaine, c’est qu’à l’issue de sa formation, cet homme mérite sa qualité de juge et tout justiciable peut avoir confiance en ce juge, je dirais même plus ! : En ce moine du droit, empli de sagesse et bouche d’une justice aux voies si impénétrables.

23Le justiciable fait dès lors confiance en la justice incarnée par le juge. Et voyez ! Dès le plus jeune âge, dans la cour de récréation, on apprend aux enfants à aller réclamer réparation auprès de la maitresse dès lors qu’ils sont victime d’une atteinte. De la même façon, la société serait une vaste cour de récréation dans laquelle chaque être courait vers le juge à la moindre petite claque ou croche-pied.

24Hé oui ! Confronté à un litige, on se tourne naturellement vers le juge, ce bon père de famille. Donc il est absurde de dire que celui-ci est vil ! Car s’il était vraiment si vil, on n’irait tout simplement pas vers la justice, vers le juge.

25Moi, si je devais me soumettre à quelqu’un, ce serait à un juge, et je suis certaine que le marteau de la justice me le rendrait très bien.

26Et même si un juge dérape, car après tout il n’est qu’un homme, ses pairs sont là pour le recadrer, le détourner de sa vileté naissante.

27Enfin, la justice en ses institutions ! Certes nous avons quelques exemples de juridictions qui laissent à désirer, tels que le tribunal paritaire des baux ruraux, que vous autres gens de la campagne devaient certainement connaître, ou bien le tribunal des affaires de la sécurité sociale...

28Il faut l’avouer, souvent ces petits organes ne nous satisfont pas vraiment, alors nul problème, car il y a les gros organes performants, endurants tels que la Cour de cassation, le Conseil d’État, le Conseil Constitutionnel et ses Sages avec notamment la QPC autrement dit la possibilité pour tout justiciable de rendre justice au droit. Ou encore, la Cour européenne des Droits de l’Homme gage d’une bonne protection !

29Et ces juridictions sont régies par des principes, de grandes valeurs : impartialité, indépendance ! C’est bien là la garantie d’une justice noble, respectable et fertile ! Où voyez-vous de la vileté là-dedans ?

30La justice n’est pas si vile, non. Elle n’est ni même que civile, elle est aussi pénale, administrative, européenne ! Cela montre qu’elle est tellement bonne, délicieuse, que dis-je ?! Elle est tellement perpétuelle, sismique et sensuelle, qu’elle s’intéresse à tous les domaines, la justice est sur tous les dossiers, et elle ouvre grand ses bras face à tout contentieux, au bonheur de tous les justiciables à qui elle procure tant de… réconfort.

31Alors j’aurais pitié pour celui qui osera encore dire que la justice est vile, car en fait cela signifie que cette personne a perdu la raison et est complètement perdue.

32Vile autrement dit qui inspire un profond mépris, qui est sordide. Miroir, mon beau miroir quelle est la plus belle justice ? Celle légitimée, choisie par son peuple mon enfant.

33Car oui, c’est chaque peuple, animé de sa culture, de ses croyances, de ses libertés et droits qui construit sa justice. Ce qui est justice pour un français, ne l’est pas pour un américain, et ne l’est encore moins pour un iranien.

34Vous l’aurez compris, la justice vise un idéal propre à chaque peuple. Idéal, ne confondons pas idéal et utopie. Je crains chers amis tamponnais que l’air du Tampon ou du moins l’herbe du tampon vous fasse quelque peu délirer. Vous semblez confondre accessible et inaccessible. Autrement dit idéal et utopie.

35L’idéal est accessible. L’utopie, elle, reste chimère. Alors en vous prescrivant un peu d’air citadin ou du moins d’herbe citadine peut-être réaliserez-vous que la justice idéale existe et qu’elle n’est point vile.

36Ouvrez grand vos yeux, ouvrez grand vos oreilles, inspirez, expirez chers confrères tamponnais, osez soutenir que la justice est vile, c’est encore déclarer que le peuple que nous formons est vil.

37Or comme l’affirmait DE GAULLE « La parole est au peuple, la parole du peuple, c’est la parole du souverain », quoi de plus idéal qu’une justice choisie par son peuple.

38Peuple, je me retourne vers vous solennellement, pour vous avertir que c’est en stigmatisant, en érigeant des exceptions en principe, en nous faisant croire que la justice est vile, que nos adversaires tentent de nous convaincre que tout est noir, tout est mal. Pourquoi être aussi extrémiste ? Il est bizarrement plus facile de retenir des exceptions tragiques d’injustice, que des milliers de jugements rendus chaque année qui manifestent la bonne justice de notre pays.

39Vous venez ainsi de condamner chers tamponnais 200 ans de combat, 200 ans de nos idéaux en moins de dix minutes.

40C’est ainsi que nous, peuple de France, choisissons, élisons nos représentants, ces mêmes représentants qui font le droit au sein de l’Assemblée nationale. Ainsi notre justice légitimée ne peut être si vile, car elle est acceptée par le peuple.

41Alors je suis peut-être un bisounours, un teletubbies ayant une confiance aveugle en la justice et les hommes.

42Mais rassurez-vous je suis bien réaliste.

43Je sais que l’homme vilain existe, ainsi je suis peut-être vilain, vous êtes peut-être vilain, nous sommes peut-être vilains.

44Mais nombreux sont les hommes qui ne l’ont pas été, ceux-là ont institué des mécanismes pour protéger le peuple, ainsi est né notre Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, ainsi sont nés nos recours en excès de pouvoir, nos questions prioritaires de constitutionnalité, ainsi est née notre constitution protéger aujourd’hui par nos sages.

45De tout cela est née la balance que le juge utilise, utilise pour mettre les libertés individuelles d’un côté et l’intérêt général de l’autre.

46Il ne tient qu’à vous confrères tamponnais de faire plus confiance en la balance de la boutique chinois du Tampon plutôt qu’à la balance de la Justice. Mais laissez-moi juste constater que quand la balance de la boutique chinois fait une erreur elle ne la répare pas, contrairement à la balance de la justice, voilà l’idéal.

47Alors miroir, mon beau miroir, dit moi encore quelle justice est la plus belle et la moins vile ? Celle légitimée par le peuple mon enfant.

Quelques mots à propos de :  Isabelle Boisméry

Étudiants en L3 Droit – Université de La Réunion – Campus de Saint-Denis

Quelques mots à propos de :  Maeva Gasiorowski

Étudiants en L3 Droit – Université de La Réunion – Campus de Saint-Denis

Quelques mots à propos de :   Thomas Grondin

Étudiants en L3 Droit – Université de La Réunion – Campus de Saint-Denis

Quelques mots à propos de :   Romain Payre

Étudiants en L3 Droit – Université de La Réunion – Campus de Saint-Denis