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Le droit de l'Océan Indien
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Bibliographie

RJOI Numéro 12 - Année 2011, Page : 263
Virginie FRAISSINIER

1. Ouvrages généraux, spéciaux et monographies

Texte intégral

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Lafargue, Régis, La Coutume face à son destin. Réflexions sur la coutume judiciaire en Nouvelle-Calédonie et la résilience des ordres juridiques infra-étatiques, LGDJ, coll. Droit et société, 2010, 348 pages, préface d'Alain Christnacht Conseiller d'Etat

1L'outre-mer français offre un terrain d'observation privilégié de la rencontre des civilisations. Les principes qui fondent classiquement notre conception de l'Etat-nation s'y trouvent mis à l'épreuve, de même que notre conception de la citoyenneté.

2Malgré la difficulté à intégrer la problématique posée par l'autochtonie, l'Etat français a parfois été contraint de sacrifier à cette logique qui bouscule nos principes: ainsi en Nouvelle-Calédonie, à côté du Peuple Français, existe un « Peuple Kanak ».

3Cet effort de remise en cause se poursuit au niveau du droit privé, au travers du statut des terres comme du statut personnel.

4En définissant un statut des « terres coutumières » qui en fait non plus des biens mais un capital social et culturel, le législateur français a donné corps à l'idée d'un « patrimoine trans-générationnel » qu'évoquent tous ceux qui se préoccupent de la responsabilité des générations présentes à l'égard des générations futures, de développement durable, de maintien de la « socio-biodiversité ».

5Au travers du statut personnel, le « laboratoire juridique néo-calédonien » remet en question notre conception ethnocentrée du modèle familial, et de l'intérêt de l'enfant. Il montre qu'il est possible de concevoir un monde commun plus respectueux des identités individuelles et collectives.

6Et parce qu'il s'agit d'envisager des solutions qui rejettent toute idée de rupture, mais au contraire favorisent les passerelles d'un monde à l'autre, cet ouvrage souligne que le Droit (étatique) ne peut rester prétendument « neutre » c'est-à-dire sourd à la dimension culturelle. Car dans les esprits comme dans les cœurs, il a un concurrent de taille : « la coutume », qui souvent se mue en symbole d’une revendication politique.

7Les sociétés nées du choc colonial, outre-mer comme en Afrique francophone, sont des exemples vivants de pluralisme. Et si elles procèdent à des emprunts, c'est généralement pour conforter leurs propres logiques culturelles.

8Le processus d'acculturation ne joue pas à sens unique. La résilience des ordres juridiques infra-étatiques montre que ces sociétés s'adaptent en développant leur propre modernité. Elles imposent en retour à l'Etat comme à son Droit des torsions dont ils ne sortiront pas indemnes.

9Et l'auteur achève ce tour d'horizon de l'outre-mer sur une note optimiste qui renvoie au titre choisi :» La coutume n’est pas ce soleil qui jetterait ses dernières fulgurances sur un monde kanak en voie d’extinction. La coutume vit et se renouvelle ». « La notion de coutume prend de nos jours un sens nouveau. Loin de tout enfermement dans le passé, elle se pense comme un moyen d’affirmer et porter haut une identité. Alors que nos lois s’évertuent (souvent en vain) à traduire le vœu du législateur d’imposer son empreinte ; loin de toute agitation inutile, et parce qu’elle exprime la vie d’une société, la Coutume se voit et se vit comme un destin. »

Quelques mots à propos de :  Virginie FRAISSINIER

Docteur en droit – Ancienne ATER à l’Université de La Réunion