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RJOI Numéro 5 Spécial 2005

RJOI Numéro 5 Spécial 2005 - Le rayonnement du droit français dans le monde, Page : 3
André CARBONEILL

Préface

Texte intégral

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1Il y avait de l'audace à proposer aux doyens des Facultés de droit françaises, se réunissant à Saint Denis de La Réunion, de consacrer deux journées pleines à présenter et à écouter des interventions sur le "Rayonnement du droit français dans le monde". C'était d'abord une idée passablement nouvelle que de compléter par un colloque scientifique des travaux d'abord centrés sur la gestion des Facultés, sur les nouveaux diplômes, sur les rapports avec le ministère, sur les nouvelles pédagogies, y compris les plus modernes. L'accord que cette initiative a recueilli démontre s'il en était besoin que les activités administratives et pédagogiques ne peuvent faire oublier aux plus hauts responsables des Facultés de droit françaises, l'irremplaçable dimension scientifique de nos métiers académiques.

2Si audace il y avait, c'était plutôt par le thème choisi, apparemment marqué au sceau du triomphalisme avec ce terme de "rayonnement" qui fit sursauter quelques uns et qui aurait pu en effet déboucher sur des interventions placées sous le signe de l'autosatisfaction, surtout dans le cadre d'une réunion rassemblant ceux qui ont en charge et à coeur l'enseignement et de la recherche en droit français. Ce colloque aurait donc été menacé d'immodestie, faute majeure dans les milieux universitaires et heureusement à laquelle il est fort rare que nous succombions. De fait, je crois pouvoir dire que le péril a été évité. Le lecteur en jugera : les articles qui suivent, reflet des débats, se placent sous le signe de la mesure comme en témoignent notamment l'intervention du président Roussillon, ouvrant la séance sur "les instruments du rayonnement" et suggérant de parler plutôt d' "influence" ou celle du professeur Simon dans son rapport de synthèse, prenant le terme de rayonnement dans son sens premier, celui de "l'ensemble des radiations émises par un corps doublé d'une propagation durable".

3D'une façon générale, l'ensemble des textes proposés ici à la communauté scientifique se caractérise par sa mesure. Ce souci de ne pas surestimer la place du droit français dans le monde contraste, par sa prudence, avec l'ambition du propos puisqu'en l'occurrence, l'on ne s'est pas borné comme dans beaucoup de manifestations de ce type, par exemple celles qui, à la même époque, ont accompagné le bicentenaire du code civil, à scruter une branche du droit pour en mesurer le rôle comme modèle international. L'intérêt des contributeurs s'est étendu à tous les grands domaines de la création juridique, qu'il s'agisse du droit international, du droit européen, du droit constitutionnel, du droit administratif, du droit social, du droit commercial... en étendant le champ de la curiosité à la jurisprudence, à la doctrine, au rôle des associations et même aux échos lointains de la colonisation comme discutable secteur d'influence... L'ensemble est impressionnant par le nombre des points de vue adoptés et par la diversité des spécialités ainsi révélées. Dans ce domaine délicat du droit comparé, il ne suffit pas de bien maîtriser sa discipline telle qu'elle se présente dans son pays, il faut connaître les grands principes et les principaux textes dans les principales zones du monde, pour évaluer avec précision les éléments de convergences et les espaces d'autonomie, voire d'indépendance des législations nationales, sur tel ou tel point.

4Si, dans cette préface, il m'était permis de montrer quelque signe de satisfaction, c'est pour la tenue même de ce colloque, pour son organisation à laquelle il est trop juste de renvoyer le mérite aux collègues et au personnel administratif réunionnais qui se sont dévoués sans compter. Qu'ils trouvent ici l'expression de ma reconnaissance. Ils eurent d'autant plus de mérite à se mobiliser que les difficultés à surmonter furent nombreuses. Au-delà des membres de l'Association des Universités à dominante juridique, réunies sous la houlette efficace et bienveillante de notre président, le professeur Maistre du Chambon, la Faculté de droit a pu s'enorgueillir d'accueillir, en cette occasion, des universitaires étrangers, en provenance entre autres de Madagascar, de l'île Maurice, des Comores... justifiant pleinement le nom de cette Revue juridique de l'océan Indien qui en accueille aujourd'hui les actes, démontrant le rayonnement -là le mot ne sera pas discuté- de l'Université de La Réunion parmi toutes ses homologues de la zone, reconnue comme un partenaire particulièrement recherché, capable de rassembler ses voisins pour des opérations communes, imaginatives et utiles. C'est bien le rôle que nous entendons lui faire jouer parmi les centre d'enseignement supérieur de l'Océan Indien, parfois plus anciens et totalisant un plus grand nombre d'étudiants mais qui savent désormais pouvoir compter sur le Centre de Saint Denis de La Réunion et sur ses délocalisations. Nous entendions que cette conférences des doyens et que ce colloque y contribuent. Nul doute que ce sera le cas.

5Un livre peut être une occasion de faire le point et il n'y a pas de raison pour que celui-ci fasse exception à la règle d'autant que le nombre et la qualité des contributeurs incitent à dresser un bilan que je crois pouvoir constater très positif, résultat d'un travail collectif qui dépasse le colloque mais que toute l'équipe rassemblée autour du doyen a contribué à permettre. Ce fut pour moi l'occasion de retrouver dans les salles de commissions, dans les amphis, au cours des déplacements dans l'île, des maîtres venus de loin et que j'admire, des collègues que je retrouve toujours avec plaisir et amitié, et jusqu'à cette délégation de l'Université de Perpignan qui m'a fait le plaisir d'effectuer le déplacement, me remettant en mémoire ce que je dois à mon institution d'origine. Je serais incomplet si je n'ajoutai à ce tableau collectif les jeunes enseignants, les jeunes chercheurs de La Réunion et d'ailleurs, qui nous incitent à nous tourner vers l'avenir avec confiance.

6Cette confiance m'est, en ce moment plus que jamais nécessaire. Il ne s'agit pas, dans cette préface, de se focaliser sur un bilan dont je tire en effet quelque fierté mais qui exposerait à se complaire dans on ne sait quelle nostalgie, voire sur un attendrissement qui détournerait de l'action et de l'effort. Il reste bien des combats à mener, bien des actions à conduire, bien des opérations à finaliser pour donner à cette Université de La Réunion et à sa Faculté de droit la place qu'elles méritent. L'on ne s'étonnera pas que le signataire de ces lignes affirme qu'il entend continuer d'y contribuer, longtemps encore et de toutes ses forces, à la place la plus adaptée pour le succès de cette oeuvre commune.

Quelques mots à propos de :  André CARBONEILL

Doyen de la faculté de droit et d’économie de La Réunion